La légende de l'île d'Arz

écrite par les élèves de cm1 durant l'année scolaire 2000-2001

Il était une fois, il y a très longtemps, une jeune fille du nom d’Amélia qui habitait l’île d’Arz.

Elle était pauvre. Ses parents habitaient une vieille cabane abandonnée au bord de la mer non loin de la plage Rudevent. Ils travaillaient dur pour l’élever. Son père était pêcheur et sa mère était vendeuse d’huîtres. Ils ne gagnaient point leur vie.

Sur une autre île, du nom de l’île aux moines, un roi puissant vivait dans un immense château. Il avait un fils que l’on surnommait « Roi du Vent »

Sa mère voulait qu’il soit roi et épouse la princesse d’à côté qui s’appelait Floriana.

Il ne l’aimait pas.

A marée basse, un bras de terre appelé « le sentier des moines «  apparaissait entre les deux îles.

Amélia qui adorait pêcher, allait tous les matins à la plage Rudevent malgré les précipitations.

Le garçon, tous les après midis, passait sur l’isthme car il avait pour habitude de chasser sur l’île d’Arz.

Un jour, le matin, une très forte tempête s’installa. Les parents d’Amélia avaient peur qu’elle tombe malade et qu’ils n’aient pas assez d’argent pour payer le médecin. Donc, ils décidèrent de la laisser à la maison en attendant qu’il fasse beau.

_ Tu ne devrais pas aller à la pêche ce matin dirent-ils.

A la place, elle aiderait sa mère au nettoyage.

La tempête se calma dès l’après midi. Elle jugea qu’elle pouvait aller à la pêche. Elle prit son seau et sa canne qu’elle avait fabriquée elle-même.

Elle s’installa alors sur un rocher au bord de l’eau.

Antoine, qui partait chasser, passa comme d’habitude sur le bras de terre et arriva sur la plage Rudevent. Il vit alors une silhouette mince et fragile, assez grande et gracieuse. Elle avait les cheveux blonds et était pauvrement vêtue. Il resta muet d’admiration. Il s’approcha et lui dit :

_ Bonjour que faites-vous ?
Amélia, qui n’avait pas vu arriver Antoine sursauta et lâcha son seau de poissons.

_ Oh ! Je suis désolé de vous avoir fait peur. Je vais ramasser votre seau dit Antoine.

_ Merci, vous êtes gentil dit Amélia.

Quelques jours après, ils étaient déjà amoureux. Antoine décida de faire connaître Amélia à ses parents.

Il alla lui acheter une robe convenable pour la leur présenter. Il se rendit chez Amélia et lui dit :

_  Amélia, j’aimerais que tu fasses la connaissance de mes parents. Pourrais-tu venir tout de suite au château ? Mets cette robe, elle t’ira à merveille !

Alors, ils s’en allèrent tous les deux à la demeure d’Antoine.

Quand ils passèrent dans le couloir du château, les gardes les regardèrent avec inquiétude.

Amélia fut époustouflée devant toutes les décorations, les lampes, les escaliers en bois en marbre !

Quand les parents virent Amélia, ils changèrent leur regard souriant en un regard noir !

Amélia se sentit émue et dit

_ b… bonjour Majesté !
_ Bonjour dirent le roi et la reine avec froideur !

Antoine dit alors
_ Père, mère, je vous présente Amélia. Le roi et la r

La jeune fille fit une belle révérence.

Quand Floriana arriva, elle lança un regard méprisant et agressif.

La jeune fille se sentit gênée et elle dit :

_ Je vais m’en aller !

Le roi et la reine firent la moral à leur fils.

Antoine, il est hors de question que tu te maries avec cette mendiante ! Tu as vu ses habits ?

C’est une paysanne et rien d’autre. Et si tu la revoies tu seras déshérité ! Tu as compris, j’espère !

A ces mots, le prince leur tourna le dos et retourna dans sa chambre.

Mais Antoine ne voulait rien savoir. Tous les soirs il nouait ses draps et descendait sur son cheval.

Il allait rejoindre Amélia à l endroit où ils s’étaient rencontrés. Chaque soir c’était pareil

Quand les parents étaient endormis. Mais un jour, il rentra très tard et sa mère l’attendait.

Il rentra dans sa chambre et resta immobile. Là devant lui sa mère était dans un fauteuil.

Elle hurla à réveiller tout le château.

_ Antoine, tu n’as pas honte de désobéir ? Si quelqu’un t avais vu ? As tu pensé à notre réputation ?

_ Mais       mère ! je l’aime plus que tout

_ Comment peux-tu dire cela ?  Tu ne connais rien à l’amour.  Tu ne la verras plus. D’ailleurs dès demain on t’enferme dans la grande tour du château. De toutes façons, Ce n‘est pas moi qui vais rester enfermé avec un mur à la place d’une fenêtre.

Et elle partit sans rajouter un mot.

 Le lendemain matin, la reine parla au roi. Elle prit son mari par la main.

_ Antoine allait la voir tous les soirs, mais j’y ai remédié. Je l’ai enfermé dans la grande tour

_ As-tu pensé qu’il pourrait s’échapper par la fenêtre ? Dit le roi.

_ Oui, j’ai ordonné aux gardes de mettre des briques. Nous devons faire quelque chose.

_ On ne va pas le laisser enfermé toute sa vie dit son père, et quand il sortira il ira la revoir.

_ Alors là, pas question ! Ce sera soit Floriana soit rien ! continua sa mère, il faut se débarrasser de cette fille !

_ Si on la tuait proposa son père ou non ! Allons voir un prêtre du diable.

Le lendemain, les parents d’Antoine allèrent chez le sorcier qui habitait de l autre côté de l’île. Quand ils arrivèrent enfin le sorcier les accueillit avec une voix rauque.

_ Bonjour madame la reine, monsieur le roi.

_ Bonjour sorcier, nous avons un service à te demander.

_ Entrez.

Ils s’assirent à une table et les parents d’Antoine expliquèrent leur problème.

_ Il y a une peste de jeune fille qu’Antoine aime. Nous aimerions qu’elle disparaisse. Pourriez-vous tuer Amélia ou la noyer quand elle passera sur l’isthme s’il vous plait ?

_ Je veux bien si vous me donnez deux cent cinquante écus répondit le sorcier.

_ D’accord répondit le père.

Ensuite le sorcier se mit tout de suite au travail. Il fit sa potion et récita sa formule magique

« Ar braz ca da braz ! Fais qu’Amélia aille sur l’isthme, qu’une vague énorme se jette sur elle et qu’elle s’étouffe dans l’eau. Lève ton vent et frappe ! »

Près de sa maison, Amélia se préparait à aller à la pêche. Elle prit sa canne et se dirigea vers l’isthme. Elle était vêtue d’une tenue très légère avec sa nouvelle robe que sa mère lui avait cousue.

Deux semaines déjà sans voir Antoine ! Joyeuse et soucieuse à la fois elle partit. Le ciel était dégagé et aucun nuage ne dérangeait le soleil. Amélia avec sa canne et son seau sifflotait sur son chemin.

Arrivée là-bas sur l’isthme, il faisait déjà beaucoup moins beau. Plus elle avançait, plus le temps devenait orageux. Les vagues déferlaient sur la grève. Des éclairs striaient le ciel. Le vent hurla, la mer se déchaîna. Le ciel s’assombrit, le vent souffla de plus en plus fort, il grondait sur l’eau. Un ouragan gigantesque arriva. Un éclair foudroya la mer.

Amélia courut pour se protéger. Elle essaya de rebrousser chemin. En plus, elle était au milieu de l’isthme, c’est à dire à un kilomètre du rivage. Une vague terrifiante haute au moins de quinze mètres s’éleva et Amélia prise de peur vit cette vague s’écraser sur elle.

Un peu plus tard, le vent se calma.

Un paysan qui travaillait au chantier de marine fut surpris de ne pas pouvoir traverser pour aller sur l’île aux moines. On ne voyait plus l’isthme. La tempête l’avait recouvert.

Des années plus tard, sur une barge, un homme qui par un brouillard d’hiver péchait entendit un murmure. Il se pencha et finit par entendre un chant doux et envoûtant qui parlait d’un certain Antoine.

Le pêcheur chercha dans la pénombre et vit une silhouette fine avec une queue de poisson.

«  Antoine, je t’aime, même du fond de la mer, un jour on se retrouvera et l’amour resplendira. Ce sera mon cadeau ! »

Depuis, quand la brume est là, entre les deux îles, on entend Amélia chanter sa chanson.

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